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Tout a commencé par une intuition.

L'histoire d'un matériau, d'un homme, et d'une transmission qui continue.

Portrait de Frédéric Elbaz, fondateur de Maison Elbaz, années 1980
Frédéric Elbaz
I

Une intuition

Dans les années 70, Frédéric Elbaz travaille sur des chantiers d'étanchéité de toiture. Il découvre le PVC armé — une membrane technique, soudée à chaud, conçue pour résister aux intempéries et au temps. Là où d'autres voient un simple matériau de couverture, il imagine autre chose : un revêtement capable de transformer la piscine.

L'intuition est simple. Si ce matériau protège un toit pendant trente ans, il peut étanchéifier un bassin avec une fiabilité qu'aucun liner classique ne peut offrir.

II

L'Allemagne

Frédéric part en Allemagne, chez Alkor-Werke, le fabricant de référence. À l'époque, la membrane armée 150/100e n'est utilisée que pour l'étanchéité industrielle. Personne ne l'envisage encore pour un bassin.

Il ramène les premiers rouleaux. Quelques teintes seulement : un bleu profond, un gris, un sable. Les couleurs que les piscines françaises ne connaissent pas encore. Il négocie les quantités minimum, convainc les ingénieurs allemands de l'intérêt du marché piscine.

De retour en France, il dispose d'un matériau que personne d'autre ne possède. Reste à prouver, chantier après chantier, que l'intuition était juste.

III

Les premiers chantiers

Les premiers chantiers sont des démonstrations. Frédéric pose la membrane armée sur des bassins béton — découpe, soudure à l'air chaud, étanchéité vérifiée au remplissage. Le procédé est plus long qu'un liner tendu, plus technique, mais le résultat est incomparable : une surface soudée homogène, sans poche d'air, sans pli, qui épouse chaque angle du bassin.

Pose de lés Alkorplan sur un bassin en zone alpine, années 1980
Pose en zone alpine — fonds famille Elbaz, années 80

Les années 70 et 80 voient une diffusion lente. Le PVC armé reste confidentiel — les pisciniers français travaillent encore au liner classique ou au carrelage. Frédéric avance seul, convaincu par les retours terrain : dix ans après la pose, ses premiers bassins n'ont pas bougé. Pas de décoloration, pas de décollement. Le matériau tient sa promesse.

Deux poseurs en plein chantier, geste et mouvement, années 70/80
Sur le chantier — fonds famille Elbaz, années 70/80
IV

Transmission

Au fil des chantiers, Frédéric a formé deux poseurs qui sont aujourd'hui parmi les figures du métier en France : Stéphane Mignot, devenu référence nationale, et Damien Elbaz, mon frère, vingt ans de pose au compteur. À leur tour, ils m'ont formé. La même main, la même école.

L'équipe Elbaz sur un chantier patrimonial, années 70/80
L'équipe sur un chantier patrimonial — fonds famille Elbaz, années 70/80

La formation ne se transmet pas dans un manuel. Elle passe par le geste répété, la soudure observée mille fois avant de la tenter soi-même, le calepinage discuté à plat avant chaque chantier. Frédéric exigeait la précision avant la vitesse. Un raccord mal aligné se reprenait. Un angle approximatif se découpait de nouveau.

Cette rigueur est devenue la nôtre. Pas un héritage qu'on exhibe — un standard qu'on applique, en silence, à chaque mètre carré posé.

V

Aujourd'hui

Je reprends le flambeau avec les mêmes exigences et des outils contemporains. Le calepinage se prépare désormais sur écran avant le chantier — chaque lé est positionné au centimètre, les raccords anticipés, les pertes de matière réduites. Le relevé de cotes se fait par drone et laser quand la géométrie du bassin le justifie.

Mais l'essentiel reste inchangé : la soudure se fait à la main, au fer chaud, membrane contre membrane. Aucune machine ne remplace le savoir-faire du poseur au moment du raccord. C'est là, dans ces quelques centimètres de recouvrement, que se joue l'étanchéité — et la réputation.

J'interviens partout en France, seul ou en coordination avec le maçon ou le piscinier. Chaque bassin est un chantier unique. Je n'en fais pas un argument commercial — c'est simplement la réalité du métier.

À la mémoire de Frédéric Elbaz, qui le premier vit dans le PVC armé l'avenir de la piscine en France.

Carnet de chantier.

Chantier rural avec équipe et matériel, années 1980
Chantier rural — fonds famille, années 80
Pose résidentielle sur bassin forme haricot, années 1980
Forme libre, résidentiel — fonds famille, années 80
Préparation du support de bassin avant pose, années 1970
Préparation du support — fonds famille

Continuons l'histoire — parlons de votre projet.